Université du temps libre "Kreiz Bro leon" - compte rendu de conférence

Le Conseil
d'administration
Les activités Nos adhérents Les programmes Lettres aux adhérents
Comptes rendus
des conférences
Les partenariats Les actualités Adresses
et liens utiles
Accueil

La vie amoureuse des plantes
Michel Damblant

Crédit photo mis à notre disposition par M.Damblant
Bibliographie

le blog du jardin de M.Damblant pour ceux qui seraient intéressés par un tour sur Belle-Île      http://jardinedenduvoyageur.blogspot.fr/

Le règne végétal compterait plus de 400 000 espèces dont 74 000 fougères et 369 000 plantes à fleurs répertoriées.
Les plantes sans fleurs, algues, fougères, mousses ne possèdent ni pollen, ni ovules et se reproduisent par des cellules uniques, les spores.
Lors de la reproduction les plantes à fleurs utilisent des parties mâles et des parties femelles. La fleur représente l'organe de reproduction, c'est le lit nuptial selon Carl Von Linné, père de la sexualité des plantes. Les étamines produisent des graines de pollen qui contiennent les cellules reproductrices mâles tandis que le pistil abrite l'ovule.
Les plantes à fleurs doivent compter sur le vent et surtout sur les insectes pour transformer leurs ovules en graines ou en fruits. Le coco fesse (en voie de disparition, ses graines pesant plus de 25kg ne pouvant se disséminer sur de longues distances) utilise l'eau.
La pollinisation : En butinant de fleur en fleur pour sucer leur jus sucré, appelé nectar, des insectes pollinisateurs, comme les abeilles ( les abeilles mellifères fournissent à elles seules 10% des insectes pollinisateurs) et les bourdons, sans même s'en apercevoir, transportent du pollen vers le pistil des fleurs voisines de même espèce. C'est le cas le plus fréquent des plantes à fleurs. Mais il arrive que la période de maturité soit différente. Par exemple, les étamines se fanent avant que les stigmates de l'entrée du pistil soient ouverts, pour d'autres espèces c'est l'inverse, le pistil se fane avant que les étamines soient mûres. Ces espèces sont dites auto-stériles et il faut la proximité de deux variétés de la même espèce afin qu'il y ait pollinisation. Il peut y avoir aussi une pollinisation manuelle par l'homme (vanille).
La nature ne favorise pas l'autofécondation de la plante par elle-même et privilégie l'apport de pollen d'une autre plante de la même espèce, dont les organes sexuels sont arrivés à maturité au même moment.
C'est le pollen qui assure le brassage chromosomique (métissage), 50% des pollinisations croisées sont dues aux abeilles. Les 600 espèces dont la pollinisation est assurée par le vent sont  en régression du fait du faible taux de réussite.
Pour assurer sa survie, la plante doit adopter une stratégie qui va assurer le maximum de réussite au cours de la pollinisation. Cette stratégie peut être basée sur la séduction par la couleur, le parfum, la morphologie, La position des organes de reproduction etc..C'est la diversité des stratégies qui engendre la diversité des fleurs.
Quelques exemples :
La couleur rouge de l'hippeastrum (Mexique) cousin de l'amaryllis (Afrique du sud)
Plusieurs étamines pour un seul pistil comme le lys (Pas de cas inverse, une étamine pour plusieurs pistils)
Un pistil banalisé et volumineux chez l'Hémérocalle, des organes très longs chez cette autre hémérocalle
L'impact visuel par opposition de couleurs
La salicaire dont les étamines ne sont pas positionnées au même endroit selon la position des fleurs sur la tige.
La pimprenelle qui a des fleurs différenciées sur la même hampe.
Chez la courgette, les fleurs sont différenciées. Il y a des fleurs mâles et des fleurs femelles comme chez le bégonia, ce qui impose aux abeilles des déplacements plus importants.
Le tournesol inflorescence de plusieurs milliers de fleurs, l'échinacéa dont les éléments reproducteurs sont disposés en spirale pour pouvoir en disposer d'un maximum sur un minimum de surface, le zinnia avec ses pétales en forme de langue.
La rose trèmière qui a d'abord les organes mâles avant l'apparition des organes femelles.
Beaucoup jouent sur la couleur, l'aspect, la forme, comme la jonquille dont les fleurs tournées vers le bas protègent les organes de la pluie, l'alstroemère dont les 3 pétales colorés indiquent le chemin du nectar tout comme la rose trèmière, la digitale avec son tube coloré imitant la dentelle, le coquelicot rouge et noir (autofécond), couleurs de la séduction, le frou-frou des fleurs de pavot, le fascicularia dont une partie des feuilles est rouge, les lèvres chaudes du psychotria, la lautana dont les fleurs fertiles sont jaunes et deviennent roses une fois fécondées, les orchidées qui imitent les abeillons, attirant ainsi les abeilles, la fleur de perroquet avec son pistil le plus long du règne végétal (7,5 cm), le katia, qui a des étamines différenciées comme l'euphorbe,, les arums qui emprisonnent les moucherons, les myosotis, les echiums dont les fleurs naissent d'abord en bas assurant une floraison plus longue, la lavande dont les feuilles modifiées au sommet attirent les insectes,
le bougainvillier dont les fleurs (brachtées) fleurissent très longtemps...

Conclusion
Il faut être vu pour être fécondé et produire un maximum de graines pour assurer la survie de l'espèce.