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Histoire des comédies musicales
Guillaume Kosmicki

L’origine du genre se situe aux Etats-Unis, où il a pris successivement les noms de musical comedy, musical play, musical theater, et depuis l’apparition du cinéma parlant (1927) musical movies.

Définition :

Depuis l’antiquité grecque le terme comédie recouvre deux idées : divertissement agréable et satire des mœurs. La comédie musicale qui réunit théâtre et musique est la petite-fille de l’opéra, plus précisément de l’opérette.
Aux USA elle est la représentante du « melting pot » (brassage ethnique) américain, le creuset d’une nouvelle culture. Brassage des classes sociales tant dans le public que dans les personnages, brassage culturel mêlant comédie, théâtre parlé, critique, humour, danse, chanson, musiques populaires…

Deux lieux principaux :

Broadway : grande avenue de New-York où se groupent de nombreux théâtres dès le début du XXe siècle.
Quartier de West-End à Londres
Le genre apparaît aussi dans d’autres pays : Allemagne, Autriche, Hollande… En France on a longtemps préféré l’opérette. La comédie musicale, théâtre privé soumis aux contraintes de la rentabilité, a parfois été déconsidéré par les auteurs de l’opéra, théâtre subventionné et libre.
Illustration :

The jazz singer (Alan Crosland, 1927) : alliance chant (songs) et passages dansés.
My fair lady,  film musical de George Cukor (1964), adapté de la comédie musicale du même nom.
Passage d’une classe sociale à l’autre à travers le personnage d’Eliza.(scène aux courses de chevaux d'Ascot)

 Les origines :

L’opérette : En 1842 Florimond Ronger, plus connu sous son pseudonyme Hervé, est considéré comme le père de l’opérette avec L'Ours et le Pacha, composée pour être interprétée  par les pensionnaires de l'asile d'aliénés de Bicêtre (pouvoir calmant de la musique). Genre ensuite dominé par Offenbach.
Les varieties : A l’origine spectacles de saloons. Suite de sketches virils et pas très fins pour la distraction des cow-boys.
Les minstrel shows : spectacles racistes : des blancs déguisés en noirs imitent leurs comportements.

Le genre périclite après l’abolition de l’esclavage.

Le vaudeville : le terme a d’abord désigné depuis le XVIIe siècle une façon de caricaturer par la chanson les gens et les faits. En 1792 Pierre-Antoine-Augustin de Piis et Pierre-Yves Barré fondent à Paris le Théâtre du Vaudeville, comédie légère à rebondissements. Au début du XXe siècle le vaudeville américain consiste en une suite de numéros sans vulgarité : ventriloques, chanteurs, danseuses, clowns, pétomanes, magie (ex : Houdini). Des acteurs célèbres y sont passés : Marx Brothers, Buster Keaton, Charlie Chaplin…Show boat : comédie musicale de Jerome Kern

Les extravaganzas : spectacles gigantesques dans des salles gigantesques, organisés par de gros producteurs.
Tin Pan Alley : « allée des casseroles en métal » ainsi nommée à cause du tintamarre cacophonique des pianistes exécutant les partitions proposées à la vente dans cette rue où étaient groupés tous les éditeurs de musique au début du XXe siècle (débuts du musical business). Georges Gershwin fit ses débuts comme pianiste vendeur dans la Tin Pan  alley.

L’Age d’or

L’époque des grands noms : Jérôme Kern, Gorges Gershwin, Cole Porter, Richard Rogers,  Irving Berlin…le big five
Illustration : Chant Old man river, de la comédie musicale Show Boat, écrite par Jérôme Kern (1927)
La mélancolie du Mississipi, « la rivière vieil homme », annonce les thèmes du Blues. L’échelle pentatonique propre au jazz intégrée à la comédie musicale.
La crise de 1929, loin de nuire à la comédie musicale, a favorisé son élan comme réponse au désarroi du pays. On assiste alors à une nouvelle explosion du genre, dans deux sens différents :
- D’une part des pièces réalistes, spectacles de pauvreté et de douleur, mise en scène de la population noire avec tous ses problèmes.
Illustration : Chanson « Summertime » de « Porgy and Bess », œuvre de Georges Gershwin (1935).
Berceuse chantée par une femme, très inspirée du jazz mais aussi de la musique savante occidentale.

D’autre part des pièces pour rêver et oublier.

Illustration :
Top Hat,
musique de Irving Berlin, film de 1935 avec Fred Astaire et Ginger Rogers. Rencontre avec une terre idéalisée.

Scène de danse endiablée.
The Wizard of Oz (Le magicien d’Oz), de Victor Fleming, 1939 – Aventures fantastiques De Dorothy Gale au pays d’Oz peuplé de magiciens et de sorcières.
Chanson : Somewhere over the rainbow (Quelque part au-delà de l’arc-en-ciel).

Après la guerre :

La comédie musicale connaît un souffle nouveau, s’empare du swing, présente un nouveau danseur, Gene Kelly.

Illustration :

- Film Kiss me Kate (embrasse-moi chérie) musique de Cole Porter (1953). Extrait : un numéro de danse débridé.
- Gene Kelly dans Un Américain à Paris de Vincente Minelli (1951) : Un artiste bohême à Montmartre dans un Paris imaginaire.
Singing in the rain (chantons sous la pluie).Numéro de clown musical : Donald O’Connor. Le vaudeville toujours intégré à la comédie musicale.
- West side Story de Léonard Bernstein (1957) : prise en compte d’un sujet dramatique, et dénonciation du racisme à l’égard des Portoricains. Destin tragique des « Romeo et Juliette » américains.

Extrait : les deux bandes ennemies vont à la bagarre, tous chantent en même temps, pendant que les deux héros chantent leur amour. Grand mélange de styles musicaux.

Autres transformations :

Dans les années 60 la comédie musicale devenue vieillotte cherche à se réinventer en intégrant le drame, l’horreur, l’érotisme.
Illustration :
- Hair (1967) et la culture hippie, y compris la prise de LSD.
- Le rock est intégré dans de nombreux spectacles. Exemples : Jésus-Christ super star (1971), The rocky horror picture show, spectacle de sexualité débridée.
- Sweeney Todd (1979) met en scène un barbier qui égorge ses clients. Comédie musicale adaptée au cinéma en 2007 par Tim Burton avec Johnny Depp et Helena Bonham Carter.