Université du temps libre "Kreiz Bro leon"   -  Les sorties 2007

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Quimper - Cornouailles
années 1920 / 1930
Sortie à Quimper / Bénodet le 24 Février 2011

Après la première guerre mondiale, s'ouvrit en europe une période de bouleversement de toutes les formes d'art.
Basé sur la simplification  géométrique des formes et de l'ornementation, l'Art Déco fut en vogue durant toute l'entre deux guerres, marquant l'architecture, les arts graphiques, le mobilier, la céramique et jusqu'au cinéma. Quimper et la Cornouaille apportèrent une contribution originale à la diffusion de l'Art Déco : immeubles urbains, villas balnéaires, meubles bretons modernes, affiches, faïence restent les témoignages de cette époque d'inventivité et d'innovation, époque quelquefois déroutante mais très séduisante après une période de négligence voire d'abandon ou même de rejet. Les Seiz Breur en particulier  innovent en matière de mobilier tandis qu'à Paris, se tient la grande Exposition des Arts-Déco en 1925, La Bretagne est saisie par la modernité, traitée en s'inspirant de ses propres racines. C'est aussi à cette époque que la mode des bains de mer et du tourisme a connu un essor particulier, en particulier dans cette région de la Bretagne, réputée pour ses visiteurs célèbres, tant écrivains que peintres, sculpteurs, etc... et qui ont laissé leur signature à travers divers modes d'expression. C'est à une découverte de ces témoignages que nous ont conviés nos deux guides.

Découverte des réalisations architecturales du Quimper des années 20 / 30.
L'hôtel de l'épée : Au début du 20ème siècle “l’Epée” est devenu un haut lieu de la vie quimpéroise, avec en particulier les réceptions offertes aux hôtes de marque, dans la salle à manger décorée par le peintre Lemordant. C'est aussi le lieu de rendez-vous de la bourgeoisie d'affaires, des notables en canotiers, des élégantes en toilettes à l'heure du thé ou de l'apéritif. Aux beaux jours, les terrasses sont prises d'assaut, tandis que les voitures de luxe attendent à l'ombre le long de l'Odet. “L’Epée” a été marqué par les passages de Marie-Thérèse de Savoie, veuve du Roi d’Italie, du Général de Gaulle, du peintre Paul Sérusier, du poète Jaques Richepin, de nombreux hommes politiques, d' Anatole Le Braz et de beaucoup d’autres. Pendant la deuxième Guerre Mondiale l ’Hôtel de l’Epée a été occupé par les officiers de la Feldkommandantur le 20 juin 1940.

Les passerelles : avant que la rive gauche de l'Odet ne devienne une voie de circulation, les maisons bourgeoises avaient accès aux rives de l'Odet. Pour éviter un détour pour aller au centre ville, leurs propriétaires ont construit des passerelles  pour traverser le fleuve. (Neuf sont encore visibles). On peut voir également  la passerelle Max Jacob, inaugurée en décembre 1994. Sur les rampes on peut lire des extraits de vers du "Cornet à dés". On admirera également le garde-corps symbolisant sa fin au camp d'internement au camp d'internement de Drancy,  le luminaire à clochettes qui symbolise la lumière que vit Max Jacob au fond de sa détresse ainsi que le clin d'oeil  du visage du poète, d'après Modigliani, que l'on peut découvrir à marée basse sur une des piles de la passerelle. A la belle saison ces passerelles sont richement ornées de fleurs.

Le grand garage de l'Odet et Ty Kodak  : Construits par l'architecte Olivier Mordrelle, tristement célèbre comme collaborateur des  allemands, comme membre fondateur du Parti National Breton et du journal Breiz Atao, ils sont les plus beaux exemples d'une architecture bretonne intégrée aux courants contemporains avec l'horizontalisme de leurs façades. A l’angle de la Cité Kerguelen  on peut admirer l’élégante silhouette de l'immeuble Ty Kodak, aux lignes épurées, sans aucun doute le plus original de la ville et pour beaucoup le plus beau. Ce bâtiment, blanc et bleu, de sa construction en 1933 à nos jours, a toujours abrité l’activité d’un photographe.

La cité "Kerguelen" :  En 1932, M. Le Theuff, propriétaire de l'hôtel de l'Épée, décide de créer un lotissement, qui prend vite le nom de cité de Kerguélen. Des recommandations de qualité, notamment dans l'emploi des matériaux, un style hérité des arts décoratifs des années 1925, dont témoignent le profil des baies en plein cintre et les ferronneries des balcons, forment un ensemble harmonieux, qui aujourd'hui rénové se révèle un quartier très prisé.

Les filles de la mer : (Extrémité du Boulevard amiral Kerguélen)
Le monument dédié aux filles de la mer a été réalisé par le sculpteur François Bazin en 1935. Il met en scène deux femmes bretonnes, l’une en costume de Sein, l’autre de Ouessant, semblant attendre au pied d’un menhir le retour des hommes partis en mer. Leur attitude et leur expression les rapprochent beaucoup des monuments réalisés par René Quillivic à la même époque.

Le musée
: Un aperçu de l'évolution du meuble traditionnel breton vers l'art-déco : des pièces en marqueterie directement inspirées des scènes bretonnes aux meubles aux sculptures réduites au strict minimum, de la vaisselle, des objets usuels, des décors en céramique, une nouvelle mode vestimentaire directement inspirée des broderies des costumes bretons. Un appartement Art-Déco d'un Breton « branché » de ces années de l'entre-deux guerres. Meubles, céramiques, peintures, objets de la vie courante, objets décoratifs sont présentés dans quatre pièces : la salle à manger, le bureau, le séjour, la chambre. On navigue dans un décor dans lequel on retrouve des pièces signées René-Yves Creston et Gaston Sébilleau (comme ce somptueux fauteuil en hommage à Nominoë), René Quillivic, Jeanne Malivel, Mathurin Méheut, Jim Sevellec, Robert Micheau-Vernez, Pierre Péron, Paul Fouillen... et qui évoquent la plupart des néologismes  inventés à l'époque pour décrire cette nouvelle forme d'art : géométrisme, néo-celtisme, ruralisme et même "bigoudènisme".

Bénodet : Bénodet, aujourd'hui station balnéaire réputée de la côte de Cornouaille, a toujours été un lieu reconnu pour son intérêt géographique d'embouchure de l'Odet, navigable jusqu'à Quimper. Sa situation lui vaut son nom en breton de " tête de l'Odet ". Pendant tout le Moyen âge, Bénodet servit d'avant port commercial à Quimper pour le trafic des céréales, vins, toiles, bois, poissons et autres matières de cabotage vers l'Espagne, Bordeaux, l'Angleterre ou les Pays-Bas. Station balnéaire en vogue, elle n'a pas échappé à ce style Art-déco, au même titre que Morgat, Fouesnant etc...style que l'on retrouve dans les villas disséminées ici et là, au détour des rues descendant vers la mer.  En 1921, la municipalité instaure une taxe destinée à l'embellissement et l'hygiène dans le bourg. Il y a alors 57 villas et 322 chambres pour 1000 résidents en été. Des écrivains de talent comme Emile Zola, André Suarez, Frédéric le Guyader, Guillaume Apollinaire y ont traduit leurs émotions. De nombreux artistes-peintres ont idéalisé ces moments de lumière et d'émotions comme André Dauchez, Lucien Simon, Eugène Boudin. Le touriste recherchait surtout une belle plage, un bon climat et la possibilité de retouver des amis "nantis" ce qui faisait le bonheur des locaux qui monnayaient leurs services. Aujourd'hui port fréquenté par les "voileux", Bénodet est devenu le point de rencontre des coureurs des mers, qui aiment à se retrouver dans les nombreux hôtels et autres "pubs" du port. Cette attraction pour la voile se retrouve dans les traditionnelles régates de l'époque, où l'on faisait régater les "modèles", bateaux modèles réduits, qui à l'origine ne disposaient pas de gouvernail et devaient naviguer "au près". On retrouve ces "modèles" dans le musée de la belle plaisance. Sur le front de mer, on peut apercevoir une énorme construction aujourd' hui connue sous le nom le Minaret, du nom de l' hôtel qui l' occupe. C'était à l' origine une villa particulière, dite villa Magdalena ou Kermadalen, construite en 1926-28 par Albert Laprade pour le docteur Heitz-Boyer, médecin du Glaoui de Marrakech. La carrière de Laprade (1883-1978) a en effet commencé au Maroc : il avait été choisi en 1915 par Henri Prost, architecte en chef et urbaniste officiel au Maroc. Ce fut pour lui une mine d' expérience, tant en architecture qu' en matière de jardins. C'est en effet à Rabat que se définit un nouveau style inspiré de l' harmonie des volumes des maisons et palais arabes. Revenu en France en 1920, sa carrière évolua ensuite vers une conception à la fois plus classique et plus moderne. Dans cette évolution, la villa Magdalena occupe une place de choix. Pour la première fois, Laprade, tout en restant fortement marqué par les influences arabes, tend à se rallier au mouvement moderniste, par la présence de caractères forts, comme ses volumes contrastés, ses toits-terrasses avec garde-corps, sa silhouette de paquebot, ses fenêtres prismatiques.

Le musée de la belle plaisance : Aménagé dans une ancienne cidrerie à l'entrée de la ville, le Musée du Bord de Mer retrace dans un espace de 500 m2 l'ambiance des bains de mer et de la belle plaisance sur les bords de l'Odet. Objets insolites, peintures, photos, films invitent au voyage dans un décor reconstitué début XXè siècle. En 2006, une nouvelle présentation de maquettes, bateaux, jouets, jeux de plage nous font découvrir un univers inédit. On y voit  des pièces rares et les petits voiliers, les "modèles navigants" qui régataient à Bénodet dans les années 30, ainsi que des films retraçant l'histoire des "coureurs des mers", et les grands hommes de Bénodet.
          
                                                                             
Hôtel de l'épée

Passerelle max Jacob

Grand garage de l'Odet

Cité Kerguélen

Cité Kerguelen

Meuble marquetterie

Meuble sculpté

Salle à manger

Chambre

 Le Minaret  

Deux "modèles navigants"

Passerelles sur l'Odet

Passerelle Max Jacob

Ti Kodak

Cité Kerguelen

Immeuble du centre ville

Vêtement

Séjour

Fauteuil

Bureau

La plage
D'autres photos sur le diaporama Quimper / Bénodet
 Crédits photos : Mazé/ Jolivet / Picart  

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