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Crozon - Morgat
Une découverte historique avec Marcel BUREL
Le 16 Juin 2011

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    La météo est clémente et les nuages qui nous ont accompagnés pendant le voyage vont rapidement disparaître. 9h30, nous avons rendez-vous avec notre guide, Mr Marcel BUREL. Toute la journée, il va nous faire découvrir l'histoire et la petite histoire de la presqu'île de Crozon.
   
Première étape : la Chapelle Ste Marie du Menez Hom en la commune de Plomodiern. Elle s'élève sur un lieu aride et désertique  au croisement des axes N/S et E/O. Sa situation près de Châteaulin, de Crozon, de Locronan et  de Douarnenez a favorisé l'établissement de foires jadis très fréquentées, ayant lieu à la belle saison en raison d'une certaine rudesse climatique. On y faisait commerce du beurre, des œufs, de la toile, des animaux, etc. Le trésorier (le conseil de fabrique) de la Chapelle percevait des droits de place et recueillait les offrandes. Toutes ces ressources expliquent la richesse de cet ensemble architectural.  On pénètre dans l'enclos bâti en 1739 par un arc de triomphe. Là se dresse un calvaire à trois fûts, construit en 1544. On peut y voir la croix du Christ et au pied de ce fût, Marie-Madeleine fixant Jésus. Le principal en granite kersanton est double, des personnages sont visibles des deux côtés. Sur le premier croisillon, une pietà encadrée de St jean et Marie Madeleine, avec au revers une Vierge à l'enfant entre St Yves (pour régler les litiges commerciaux)  et St Pierre, sur le croisillon supérieur on peut voir deux cavaliers. L'édification de la chapelle a débuté en 1570 pour se terminer en 1773. Le clocher, quant à lui, fut commencé en 1668 et terminé en 1773 par les dômes Renaissance. La première partie de la Chapelle est construite en granite, la deuxième en grès, les recettes étant sans doute moins importantes. Les gargouilles représentent des fûts de canon, est-ce pour impressionner l'ennemi ? A l"intérieur, trois retables baroques, datant du début du XVIIIème siècle (1703 et 1710), classés monuments historiques dès 1912, considérés comme parmi les plus beaux de Cornouaille, en bois polychrome et couverts de dorures, ayant chacun un thème particulier, s'étalent sur toute la largeur de l'autel, le tout dans une architecture de colonnes torses de vigne, d'entablements, de statues et de bas-reliefs. Un décor baroque de fleurs, de rinceaux, de vases peints de couleurs vives et de dorures voulait impressionner le pèlerin ou le marchand de passage. Deux restes de sablières finement travaillées, plusieurs sculptures en pierre dont une de St Laurent du XVème siècle, d'inspiration du val de Loire, complètent ce joyau.

    Deuxième étape : la chapelle de Trégarvan, autre lieu, autre style. Selon la légende, l'église devait être édifiée sur les hauteurs de Trégarvan, mais les pierres amoncelées pour la mise en œuvre dévalèrent la pente jusqu'à la berge. Cet étrange phénomène imposa la prudence et l'église fut bâtie sur les rives de l'Aulne. L'église Saint-Budoc (XV-  XVIII siècle), fut  en partie reconstruite au début du XVIII siècle (ainsi que l'indique la date intérieure de 1706). On remarquera son élégant clocher ouvragé du XVII siècle de type cornouaillais, agrémenté de têtes d'hommes destinées à faciliter la montée vers le coq. Devant l'église, à l'entrée du cimetière, on peut voir une émouvante pietà et la statue de saint Budoc à la légende non moins mystérieuse : né en Irlande et arrivé miraculeusement en Bretagne dans une auge de pierre… une plaisante façon de décrire les «curraghs» : bateau à fond plat et lesté d'une grosse pierre et utilisé par les moines d'outre-manche. A l'intérieur, deux sculptures, St Sébastien et St Roch, dont le rôle était d'éloigner ou de chasser les épidémies de peste.
Au pied de la chapelle, un petit port abrite quelques bateaux faisant la pêche dans l'Aulne. Autrefois axe important pour le commerce (bois de chauffage extrait des rives boisées jusqu'en 1947, ardoises, toiles de Locronan) elle a perdu son activité.
Troisième étape : nous avons arpenté le front de mer de Morgat. Station balnéaire créée par Armand Peugeot, sur les conseils de son cousin Louis Richard. Mais les  premiers touristes en nombre furent les brestois qui, le dimanche, traversaient la rade sur les bateaux à vapeur et venaient passer la journée sur la presqu'île, dans le petit port niché au bord du "Gored" (piège à poissons), comblé au début du 20 ème pour laisser place au bourg, avec comme point d'orgue la visite des grottes de Morgat. Moyennant quelques pièces pour arrondir leurs fins de mois, les pêcheurs transportaient un par un ces touristes de la plage à leurs chaloupes, pour les emmener s'extasier devant les invraisemblables couleurs des parois. En 1883, Louis Richard, voyageur de commerce et entrepreneur, arrive à Morgat : C'est pour lui une évidence : la grande plage de sable fin, les falaises, les grottes...une future station balnéaire. Il fait part de son enthousiasme à Armand Peugeot dont l'entreprise, à l'époque, ne fait pas encore de 308 ni même de bicyclettes, mais rencontre beaucoup de succès avec les outils de jardin et les ressorts pour corsets. L'aventure le tente. Armand Peugeot tombe sous le charme du lieu, et prend sa décision très rapidement : Une station balnéaire sera construite à Morgat. Il achète tous les terrains et toutes les maisons sur une bande de 1km de large, entre les deux hôtels qui serviront de résidence aux visiteurs des propriétaires, crée une Société anonyme des bains de Morgat et édicte une charte de développement . Il fait construite dans l'anse du Porzic des petites maisons qu'il vend à ses employés. Avec les bénéfices, dès 1885, il fait construire des grandes villas en retrait du front de mer, à l'exception de la villa "Ker Maria" aujourd'hui gîte de charme, destinée à montrer les talents de l'architecte. L'architecte de la station sera Abel Chabal, un brestois, secondé par son fils, Gaston, qui fera d'ailleurs la grande majorité des villas et hôtels de la station à l'exception de la villa "en fer" construite pas un américain. Les résidents se nomment Breitling, Rotschild, Lazard etc, tous des grosses fortunes et protestants de surcroît, ce qui en fera une marque de fabrique de la station. En effet, il convenait de limiter l'exhibition de la richesse, d'être discrets, il fallait vivre cachés, pas de commerces, (les bonnes allaient faire leurs courses à Brest)  pas de distractions (cinéma, casino etc...). Les 80 villas restent en indivision. En 1920/1925 Breitling (gendre de Peugeot) prend la suite de la Société et va moderniser la plage de Morgat. Après la guerre, on constatera une dilution des familles d'origine. Un port avec une cale toutes eaux, dite "cale des thoniers" mais aujourd'hui ensablée sera construit et plus tard un enrochement a permis l'ouverture d'un port de plaisance. Malheureusement cette avancée entraîne inexorablement l'ensablement du port.
Quatrième étape : Le Cap de la Chèvre. Battu par les vents, recouvert d'une végétation rase, il constitue la branche sud de la croix dessinée par la presqu'île de Crozon et fait une saillie d'environ 8 kilomètres dans la baie de Douarnenez, en laissant, par rapport à la côte sud de la baie, un passage libre de 8 kilomètres. Ce n'est que récemment que les pièces d'artillerie ont atteint une portée leur permettant de couvrir le passage d'entrée de la baie de Douarnenez ; c'est à cette mission que répond la batterie du Cap de la Chèvre. Par contre, la faible portée des matériels en service avant 1870 excluait toute mission d'interdiction du passage par le feu, aussi les batteries de la Chèvre et de Saint Nicolas n'avaient d'autre mission que d'agir contre les navires tentant de doubler le Cap à le toucher, et de protéger la cale Saint Nicolas contre une tentative de débarquement. Il s'agit d'ouvrages très secondaires. Aujourd'hui un sémaphore militaire encore en activité guide est la seule trace d'activité en dehors des milliers de randonneurs et de curieux venus voir les falaises battues par l'Océan et le point de vue sur la pointe du Raz, les tas de Pois, l'île de Sein etc... Un monument à la mémoire des aviateurs péris en mer a été érigé à l'extrémité de la pointe.
Dernière étape : le four à chaux du L'aber .En 1839, la société Boulet et Cie put établir au village de Rozan, sur la commune de Crozon, un ensemble de fours à chaux. Un seul fut érigé sur le site, en bordure de l' Aber, ce qui permettait l' approvisionnement en matière première grâce au filon de calcaire présent sur place (déjà exploité au temps des Gallo-Romains) et en combustible par mer, de même que les livraisons des barils de chaux. Le four a cessé d' être utilisé à la Première Guerre Mondiale.
Au retour, nous avons eu le plaisir de franchir le pont de Terenez, modèle d'architecture . Il est le premier pont courbe à haubans de France, de 515 m de portée dont 285 m pour la travée centrale. L'ouvrage a été conçu par l'architecte Charles Lavigne et l'ingénieur Michel Virlogeux.           

       
Le monument du  
Cap de La Chèvre               Le four à chaux                                        Le nouveau pont de Terenez
           
           
            Les grottes             Le grand hôtel de la mer               Le centre bourg                     Une villa

 
Ste Marie du Menez Hom
      
Les retables
                 
Le calvaire et le clocher
                                Détail du retable                  
        Statue de St Hervé
 
Chapelle St Budoc de Trégarvan   

St Sébastien

     
         La maison en fer     

Centre Socio Culturel, 2 Rue des déportés - 29260 - LESNEVEN
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