Université du temps libre "Kreiz Bro leon" - compte rendu de conférence

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Marie Curie
Pierre berlivet, Ingénieur ER

1- Jeunesse polonaise et parisienne

Maria Sklodowska, future Marie Curie, naît à Varsovie, en Pologne le 7 novembre 1867. Son père et sa mère sont tous les deux enseignants.  Elle est la benjamine d'une famille de quatre sœurs : Zosia, Héla, Bronia, Manya, et un frère : Joseph. La gêne s’installe progressivement dans la famille, la mère tombe malade, les russes soumettent la Pologne à un régime drastique. En particulier les université sont interdites aux femmes. Marie s’inscrit dans une des universités volantes installées dans la clandestinité, mais son désir est d’étudier à Paris, qui à cette époque attire les regards de tous les étudiants.

Sa sœur Bronia voulant étudier la médecine à Paris les deux sœurs passent un contrat moral : Bronia ira étudier la médecine  à Paris, Manya travaillera en Pologne pour gagner son indépendance financière, et rejoindra ensuite sa sœur à Paris.

A peine arrivée (1892) elle s’inscrit à la Sorbonne et dès l’année suivante est reçue première à la licence de physique. Après les vacances une bourse de 600 roubles lui de permet de revenir en France. En 1894 elle est seconde à la licence en études mathématiques.

1894 : c’est aussi l’année de la rencontre  avec Pierre Curie, chef de travaux à l’Ecole de physique et chimie de la ville de Paris, et déjà reconnu comme scientifique de haut niveau. Homme effacé, refusant les honneurs. Il a publié de nombreux articles, inventé une balance spéciale, et avec son frère, Jacques, énoncé et expliqué le phénomène de piézoélectricité (les cristaux de quartz émettent de l’électricité si on exerce sur eux une pression). Ils se marient discrètement à la mairie de Sceaux. Voyage de noces à vélo.

1896 Marie reçue première à l’agrégation. Septembre 1897 naissance de sa première fille Irène.

2 – Travaux sur la radioactivité

Pour obtenir le doctorat Marie choisit comme sujet de thèse l’étude des rayons uraniques ou rayons becquerel, capables de rendre l’air conducteur. Becquerel avait observé que l’uranium émettait des rayons capables d’impressionner une plaque photographique absolument isolée de la lumière. En passant un à un tous les éléments connus dans un appareil de mesure créé par son mari et utilisant la piézoélectricité, elle découvre que seuls  le thorium et l’uranium émettent ce type de rayons, auxquels elle donne le nom de radioactivité.
Un laboratoire de misère  est installé dans un hangar désaffecté.

3 – Découverte du polonium et du radium

Marie constate que les minerais d’uranium (pechblende et calcholite) sont plus radioactifs que le radium lui-même. Il y a donc à l’intérieur de ces minerais un produit extrêmement puissant qu’elle veut isoler.
Pour cela elle travaille des tonnes de minerais, aidée de Pierre et du chimiste Gustave Bémont.
Au bout d’une longue suite de cristallisations pour séparer les éléments, le produit est isolé : il est double, polonium et radium.
Marie présente sa thèse en 1903. Nommée docteur ès sciences avec mention très honorable.
Le 10 – 12 – 1904 le prix Nobel est attribué pour moitié à Becquerel, pour moitié à Pierre et Marie Curie.
La découverte ne rend pas pour autant plus faciles les travaux de Pierre et Marie.
Les effets du radium sur le corps humain deviennent manifestes. En 1903 Pierre se fait volontairement brûler le bras par un sel de radium. Le radium pourrait être utilisé dans certaines lésions et tumeurs malignes. Il est donc utile.
Il acquiert une valeur marchande énorme : 750 000 francs-or le gramme en 1904.
Pierre et Marie refusent de déposer un brevet : pour eux la science appartient à tous.
La France prend enfin conscience de leur valeur exceptionnelle. On propose à Pierre une autre nomination à l'Académie des Sciences et on lui crée une chaire de physique dotée d'un petit laboratoire situé rue Cuvier (jamais de sa vie il n'aura eu un laboratoire à la hauteur de ses recherches) et Marie est nommée officiellement chef de travaux du laboratoire, avec un salaire.
Le 19 avril 1906 Pierre meurt écrasé par les roues d’un chariot hippomobile. Immense chagrin de Marie. Elle continue pendant quelque temps à lui écrire des lettres fictives. Elle refuse une pension du gouvernement. Ses amis l’aident à obtenir de reprendre les cours de Pierre à la Sorbonne.
Le radium et le polonium ont été découverts sous forme de sels (chlorures). Marie poursuit son œuvre avec l'aide d'André Debierne et de sa petite équipe. Ils réussissent à isoler le radium métal pur.
Pendant  tous ces travaux elle n’a pris aucune précaution.
A partir de 1909, l’Université de Paris et l’Institut Pasteur fondent l’Institut du Radium :

- Un laboratoire sur les recherches en physique et chimie, dirigé par Marie Curie

- Le laboratoire Pasteur pour les effets biologiques et médicaux de la radioactivité

En 1970 sera créé l’Institut Curie à triple vocation : recherche, enseignement et traitement du cancer.

4 – 1911 : honneurs et horreurs

La première réunion Solvay : le 30 octobre 1911 Marie est la seule femme à assister au congrès Solvay (congrès privé fondé par l’industriel Solvay, autodidacte à la recherche de l’unité du savoir – de la physique à la physiologie, à la psychologie et à la sociologie).

Paul Langevin, un ancien élève de Pierre Curie, dont le couple avec Jeanne Desfosses est déséquilibré et bat de l’aile devient son amant. Ils louent un petit appartement où ils se retrouvent.

Trahis par un petit mot parvenu à Jeanne, ils se trouvent au cœur d’un scandale qui fait grand bruit dans la presse, et où se mêlent misogynie, xénophobie et antisémitisme (Marie a pour 2ème prénom Salomé).

Marie refuse de quitter la France.

Elle va en décembre recevoir son prix Nobel  de chimie pour ses travaux sur le radium métal.

5 – 1914, La guerre. Les petites curies

Marie passe son permis et fait installer sur des camionnettes des émetteurs de rayons X. Avec Irène comme assistante elle organise le premier service de radiologie mobile. Elle fait équiper 18 voitures surnommées "petites Curie" et forme elle-même une centaine de manipulatrices de radiologie.

Outre les « petites Curie » elle va installer personnellement deux cents salles de radiologie qui accueilleront plus d'un million de blessés.

Après la guerre Marie continue ses cours.

 La mode du radium entraîne de graves dérives : dans les usines manipulations entraînant blessures et maladies. Stands de foires où on peut voir son squelette danser. Vente d’eau, de savon, de dentifrice radioactifs, escroqueries diverses.

6 – Pour un gramme d’uranium

Un matin de mai 1920, Marie a rendez-vous avec une femme qui a fortement insisté pour la rencontrer : « ... il y a vingt ans que vous êtes importante à mes yeux, et je veux seulement vous voir pendant quelques minutes, qu’est-ce que je puis vous offrir ? » C’est Marie Meloney, une journaliste américaine qui dirige un grand magazine. Réponse de Marie : « Je souhaite avoir un gramme de radium ». Le gramme vaut alors 100 000 dollars. Marie peut avoir son radium mais doit aller le chercher. A New York elle reçoit un accueil digne d'un chef d'état : comité d'accueil, journalistes, délégations, tournée triomphale dans le pays, réceptions, médailles, diplômes, titres honorifiques...
Durant les années qui suivent, la notoriété de Marie Curie s’étend dans le monde entier mais elle ne répond pas aux sollicitations pour ne pas se laisser embarquer dans une tendance politique. L’été elle retrouve ses filles en Bretagne à L’Arcouest, où elle loue une petite maison qu’elle va bientôt acheter. On s’y retrouve entre professeurs de la Sorbonne, historiens et artistes. Les habitants l’appellent Fort la science.
Le baron Henri de Rothschild propose la création de la fondation Curie pour promouvoir l’œuvre scientifique et médicale de l’institut du radium

En 1922 elle est brillamment élue à l’académie de médecine.

1923 la fondation Curie célèbre le 25ème anniversaire de la découverte du radium.

Pension annuelle de 40 000 francs réversible sur ses filles.

1925 elle pose la première pierre de l’institut du radium de Varsovie  qui sera inauguré en 1932 (son dernier voyage en Pologne)

Dès 1920 : problèmes de santé; cataracte; 4 fois à partir de 1920.

Ses mains sont brulées et desquamées.

1934, découverte de la radioactivité artificielle par sa fille et son gendre

Une grosse fièvre ne la quitte plus. On diagnostique la tuberculose; c’est faux. Départ pour la Savoie où l’air est meilleur. Voyage horrible. Décès le 4 juillet 1934. Inhumée le 6 juillet 1934 à Sceaux.

 Le 29 avril 1995, les restes de Pierre et Marie Curie sont transférés au Panthéon en présence de leur fille Eve et de membres de la famille. La cérémonie est présidée par François Mitterrand et Lech Walesa avec une allocution de Pierre-Gilles de GENNES sur le parvis. Marie Curie est la première femme à entrer au Panthéon pour ses propres mérites.

Marie Curie, une femme engagée ?

D’un côté elle renonce après réflexion à toute forme d’engagement collectif ou partisan bien qu’elle n’hésite pas à faire savoir son avis.

D’un autre côté elle milite à fond en faveur des recherches scientifiques et de la coopération intellectuelle internationale.

7 – La descendance : quelle famille! (diapo 58)

Une lignée de scientifiques notoires, parmi lesquels Irène et Frédéric Joliot-Curie, prix Nobel de physique en 1935, Henri Labouisse (époux d’Eve Curie) prix Nobel de la paix au titre de l’UNICEF en 1965.